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Un
cri citoyen....................
L'intégration de notre département à la France fût
une réussite grâce à la conscience de "ce qu'il
doit au grand pays qui l'a associé à sa fortune et ce qu'il
doit aux ancêtres qui lui ont légué les traits spécifiques
de son tempérament propre et de son génie original"
comme l'a écrit le Professeur Joseph Calmette. Notre attachement
est donc double : porteurs d'un ensemble de traditions et traits culturels
singuliers, nous sommes également un élément indissociable
de la nation française.
Cet équilibre ne connaît pas la pérennité qu'il
mérite du fait de mouvements séparatistes catalans, inspirés
par l'exportation du phénomène de la "Renaiscença"
: c'est à dire la volonté des catalans depuis le début
du XVIIIème siècle de retrouver leurs traditions et leur
indépendance politique au sein de l'Etat espagnol. Une transposition
abusive et dangereuse pour notre département, car ce qui peut paraître
légitime d'un coté des Pyrénées ne l'est pas
chez nous.
Historiquement, la Catalogne qui a longtemps connu une autonomie et une
personnalisation de fait jusqu'aux décrets du Roi d'Espagne de
la Nova Planta de 1716, et sa précocité dans les velléités
indépendantistes, donnent une certaine continuité et cohérence
au combat séparatiste. Par contre, les différentes composantes
de notre département n'ont connu que 246 années de gestion
aragonaise catalane, et ce, en y incluant les périodes à
dominante castillane. Cela fait peu face aux 662 années romaines,
aux 650 sordes, et même 258 wisigothes du temps de la fameuse Septimanie…
Seule la période arabe de 49 ans durant le VIIIème siècle
fait moins. Dans cette chronologie très vulgarisée, mais
non dénuée d'intérêt, se détache les
789 années françaises, et une union de destins sans interruption
depuis le Traité des Pyrénées de 1659.
Dans le même sens les catalans se réfèrent très
souvent à la constitution républicaine de 1931 qui donnait
une certaine autonomie aux régions espagnoles. En France, nous
nous devons de respecter le principe d'unité du pays, qui depuis
le XIIIème siècle et jusqu'à l'affirmation révolutionnaire
d'une "République une et indivisible" a régi notre
Etat.
De manière pragmatique, les séparatistes font valoir un
intérêt économique et social de se rattacher à
la région catalane. C'est user de l'artifice et de la crédulité
des plus démunis des nôtres, tant il s'agit d'un vain mirage
qui décevrait nombre d'espoirs. Le modèle économique
et social qu'il soit espagnol ou catalan est basé sur un libéralisme
rigoureux qui s'exprime par un salaire minimum de 600 euros, soit la moitié
du SMIC français, et un âge légal de départ
à la retraite supérieur de cinq années pour 10 %
de la population inactive sous le seuil de pauvreté en plus. Un
"miracle" économique à l'anglo-saxonne, facilité
par une solidarité sociale moindre.
Ce rattachement néfaste est un danger immédiat. On considère
ordinairement que ce qui a fait la construction de l'unité française,
tient en deux points : la langue et le train, plus généralement
la culture et les transports.
Culturellement, la politique des "petits pas" du gouvernement
autonome catalan est basée sur l'entrisme avec comme étendard
la langue. Il est logique que le catalan soit défendu et ne se
perde pas, et il en va de même pour l'ensemble des traditions locales.
Mais il est inadmissible que ce mouvement assimile une langue et des coutumes
pourtant singulières et différentes de ce qu'il se fait
derrière les Pyrénées. De plus, il s'agit d'une ingérence
étrangère dans les affaires culturelles et éducatives
de la France.
Concernant les transports, la création d'une ligne de T.G.V. entre
Barcelone et Perpignan, certes une excellente initiative, mais face à
la non réalisation du chaînon manquant avec Paris via Montpellier,
devient symptomatique d'un inversement des priorités nationales,
et peut-être même l'expression d'une méfiance du reste
du pays pour notre département. Une suspicion due au comportement
ambiguë de certains de nos élus locaux, qui ont donné
une tribune sans équivalence aux thèses séparatistes.
C'est pour cela que ce cri citoyen, écho de la majorité
du peuple, ne peut se faire pour le moment par le biais du scrutin électoral,
et prend cet aspect associatif.
Notre association aura un but informatif : exposer notre singularité
au sein de la République qui nous est chère, exprimer notre
rejet du séparatisme, faire prendre conscience que l'activisme
catalan et la passivité française sont des dangers réels
pour notre identité, si bien formulée par Albert Bausil
: "fiers d'être catalans avant tout et d'être français
au dessus de tout".
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