À l'heure où il est question de donner plus d'autonomie à la Catalogne espagnole, au point d'aller jusqu'à créer une nation, il semble nécessaire de s'interroger sur les risques d'une telle dérive au niveau de la Catalogne du Nord, la Catalogne française.
Certes, beaucoup diront que ce danger est encore lointain, et ils auront certainement en partie raison.

Cependant, devons-nous attendre (comme cela s'est fait trop souvent face à d'autres problèmes) que les Pyrénées-Orientales entrent dans un processus d'autonomisation irrévocable pour commencer à s'alarmer du danger d'une telle initiative.
C'est dès aujourd'hui qu'il faut réagir, certes à titre préventif, mais avant qu'il ne soit trop tard.

Il n'aura échappé à personne que depuis quelques années, les associations, militant soit pour une autonomie de la Catalogne française, soit pour un rattachement des deux Catalognes, sont de plus en plus présentes sur la scène politique locale. De plus, l'observateur avisé reconnaîtra avec stupeur que certaines de leurs revendications trouvent de plus en plus d'écho chez certains hommes politiques locaux.
L'actualité brûlante espagnole sert de toile de fond au futur débat qui va avoir lieu, à n'en point douter, dans les Pyrénées-Orientales. Nous aurons pu d'ailleurs en avoir un avant-goût au sujet de la controversée appellation Septimanie pour la région Languedoc-Roussillon.

Bref, la machine politique est en marche. Or, si les associations autonomistes sont bien présentes et manifestent de plus en plus souvent dans les rues de Perpignan, force est de constater qu'elles ne rencontrent aucune opposition organisée. Se faisant l'écho du mécontentement affirmé d'un grand nombre d'habitants des Pyrénées-Orientales vis-à-vis de ses groupes, il était nécessaire, dans une démocratie, de constituer une association affichant son attachement à la République française.

Rejetant toute idée nationaliste, l'association de défense pour les Pyrénées-Orientales dans la République tend avant tout à montrer qu'il existe une autre façon de concevoir l'avenir de la Catalogne. Nous sommes bien évidemment pour les spécificités régionales catalanes et nous croyons que ces dernières peuvent s'épanouir pleinement au sein de la République française.
Nous aimons notre région et nous en sommes fiers. Nous nous félicitons pleinement des différences qu'offre les Pyrénées-Orientales par rapport aux autres régions françaises. Cependant, pour nous, le choix n'est pas entre l'autonomie ou l'uniformisation. Conscient que la France est une République décentralisée (cela est d'ailleurs mentionné dans l'article premier de la Constitution française depuis le 28 mars 2003), nous souhaitons que cette collaboration constructive entre les différentes collectivités territoriales des Pyrénées-Orientales et l'État se poursuive.
Nous n'avons rien à gagner à nous diriger vers une autre voie, quelle qu'elle soit. Bien au contraire, nous avons inévitablement tout à perdre.
Contrairement à une idée trop répandue, il est tout à fait possible de promouvoir la culture catalane (sa langue, son histoire, sa musique...) au sein d'une République française gardant la maîtrise du pouvoir. A fortiori, il est tout à fait possible d'être fier de la Catalogne sans pour autant vouloir son autonomie.

La future Catalogne du sud autonome n'est bien sûr pas l’ennemi de la Catalogne française. Bien au contraire. Cependant, elle doit conserver sa place de partenaire privilégié sans qu'il soit question d'un quelconque rattachement ; rattachement qui serait d'ailleurs, contrairement, encore une fois, à une idée reçue, un non-sens géographique et historique.

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