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Une nationalité génoise historiquement peu contestable Il est majoritairement admis par la communauté scientifique des historiens que Christophe Colomb était originaire de Gênes. Les documents manuscrits retrouvés concernant l'illustre navigateur ont longtemps été contestés et lorsque les historiens tentent de retracer le parcours de vie de cet homme, certains flous viennent brouiller les pistes, surtout avant son installation en Espagne en 1485. Il faut rappeler que Colomb est contemporain de la création de l'imprimerie. L'écrit connaît encore certains aléas. Ce flou, certainement entretenu par le dit intéressé ou ses descendants, a permis à certains de s'approprier ce personnage en lui donnant diverses nationalités, divers visages, italien, espagnol, corse, catalan, voire juif et catalan. - L'hypothèse d'un Colomb Corse né à Calvi serait plausible. Il y a pour cela une raison simple: à l'époque de la naissance de Cristoforo Colombo, la Corse était une portion du territoire de la République de Gênes. Calvi était une cité aussi génoise que Savonne ou Gênes. Mais cette théorie reste une hypothèse et personne n'a encore apporté de preuve notariée ni aucun document historique irréfutable pour authentifier cette supposition. -
L'origine confessionnelle du navigateur a également fait l'objet
de polémique. Salvador de Madariaga a publié, vers 1950,
un ouvrage dans lequel il envisage un Christophe Colomb juif et catalan.
Simon Wiesenthal a écrit, en 1973, l'ouvrage intitulé
"Sails of Hope: The Secret Mission of Christopher Columbus".
Le titre original en allemand était : "Segel der Hoffnung".
En français, il a été traduit par "La Voile
de l'Espoir" ; tout un programme... - Historiquement, l'origine génoise de l'Amiral semble être la plus probable. En 1529 dans un ouvrage rédigé en latin, publié à Bâle, et dédié au baron polonais Jean de Lasko, l'auteur, Henri Glareano, indique dans le chapitre XL, folio 35, de son livre : "Porro ad occidentem terra est, quam Americam vocant, longitudine octoginta ferme graduum; du insul, Spagnolla et Isabella, qu quidem regiones secundum littora ab Hispanis lustrat sunt, Colombo genuensi, et Americo Vespucio, ejus navigationis ducibus" que l'on peut traduire par : "
Mais il existe à l'occident une terre qu'on appelle Amérique,
et qui se trouve placée presque au 80e degré de longitude;
deux îles, l'Espagnole et l'Isabelle, lesquelles sont le long
des rivages, ont été visitées par des Espagnols,
sous la conduite de Colomb génois, et d'Améric Vespuce"
. D'ailleurs, Christophe Colomb, lui même, donne des indications sur ses origines dans un document daté du 22 février 1498, rédigé à Séville. Ce document, qui est parfois contesté, situe la naissance de Colomb à Gênes : " ....Je recommande audit Don Diego, mon fils, ou à la personne qui héritera ledit majorat, qu'il ait et entretienne toujours, dans la ville de Gênes, une personne de notre lignage, qui y tienne femme et maison, et qu'il lui fixe une rente dont celle-ci puisse vivre honorablement......./......puisque c'est de là que je suis venu et que c'est là que je suis né... " Si ces premières tentatives de reconstruction de l'Histoire ont débuté en 1892 - date anniversaire du quatrième siècle de la découverte des Amériques - pour se poursuivre ces cinquante dernières années... Nous apprenons cet hiver 2005-06 que sa nationalité est une nouvelle fois remise en cause, et est désormais génétiquement contestée ! Donc, même si Christophe Colomb désirait être génois, cette volonté lui serait aujourd'hui refusée pour des raisons chromosomiques... Une nationalité italienne génétiquement contestée L'année 2006 sera l'année du 500e anniversaire de la mort de Christophe Colomb. Si désormais chaque année apporte son lot d'anniversaires divers et (a)variés, celui-ci retient toute notre attention. Une équipe de chercheurs espagnols se lance sur les traces de cet illustre voyageur en tentant d'en dévoiler génétiquement sa nationalité. Si longtemps l'origine italienne de cet illustre aventurier n'était plus contestée, un doute persiste en Catalogne. Le navigateur serait-il alors Catalan ? Pour tenter d'y répondre, des tests ADN sont pratiqués durant l'hiver 2006 par l'équipe du professeur José Antonio Lorente, directeur du Laboratoire d'identification génétique de l'Université de Grenade. Depuis novembre 2005, des familles résidant en Italie, en Espagne et en France - les possibles descendants ont été choisis d'après leur patronyme, Colomb, Colom, Coulom - ont été invitées pour se preter au test. Plus de cent vingt habitants de la capitale catalane, Barcelone, portant le patronyme Colom, ont déjà subis le test salivaire, ainsi qu'une trentaine de Colomb ou Coulom des Pyrénées-Orientales, en France (certains affirment qu'il serait même né à Prades). L'enquête se poursuit dans les îles Baléares, à Valence en Espagne (dans l'ensemble des Pays catalans donc), et doit débuter avec les Colombo de Gênes, où la plupart des historiens situe la naissance du "découvreur de l'Amérique" Ces
Colomb ont subi un prélèvement salivaire pour les comparer
à l'ADN bien conservé d'un fils de Colomb (le vrai celui-là
!), Hernando, enterré à la cathédrale de Séville,
dont - pour une fois - la sépulture ne fait pas de doute, à
la différence de celle de Christophe...Parce que si la nationalité
de Christophe Colomb est encore contestée aujourd'hui, sa sépulture
l'est tout autant, voire plus...Tout un programme. Mais
au fond, que Christophe Colomb soit Génois, Catalan, Corse, ou
même Autrichien, voire Wisigoth, est-ce que cela a vraiment une
quelque forme d'importance ? Apparemment pour certains oui ! A 100 euros
le test salivaire, cette question a même un prix (payé
en grande partie par la chaîne TV américaine Discovery
Chanel). Mais, admettons. Si les descendants de Christophe Colomb sont nés en Catalogne espagnole, est-ce que cela prouve son origine catalane ? Cet homme a pu émigrer de l'ancienne République génoise vers l'Espagne et y fonder une famille, voire même avoir des enfants par monts et par vaux qui sont venus ensuite fonder leur propre famille en pays catalan...Au nom du droit du sol, ils seraient tous Catalans, nous voilà rassuré. Ce qui est beaucoup plus dommage, c'est que ce droit du sol est mobilisé pour un notable, une légende...mais pas toujours pour le travailleur marocain, que ce soit en Catalogne espagnole, et bien évidemment en Catalogne française. A ce propos, si Christophe Colomb est vraiment né à Prades, ne serait-il pas Français ? Personne n'a évoqué cette possible nationalité. Etrange. Autre question, si les descendants catalans de Christophe Colomb sont génétiquement des vrais ! Au nom du droit du sang, toute cette grande famille Colomb serait catalane ? Apparemment oui. Mais est-ce que tous ces Colomb se revendiquent comme Catalans ? Il suffirait donc d'avoir des ascendants génétiquement enracinés sur une terre pour avoir le privilège d'appartenir à la communauté nationale présente ? D'un point de vue nationaliste, l'énigme de Christophe Colomb est doublement intéressante. Cette affaire nationaliste mobilise les deux éléments juridiques et sociologiques qui fondent une nation : le droit du sang et le droit du sol, la conception objective et la conception subjective. La Nation catalane se construit autour de ces deux valeurs. Nous ne pouvons que nous en réjouir. Et préservons nous - toujours plus - de la tentative de faire prévaloir la conception sanguine ou chromosomique de cette Nation. Mais une dernière question n'est pas posée. Si un membre d'une communauté (nationale en l'occurrence) est reconnue par les autres membres de cette communauté comme faisant partie intégrante du groupe national, soit par la voie du droit du sol, soit par celle du droit du sang, qu'en est-il de la volonté individuelle dudit intéressé ? Vouloir imposer une nationalité - quelle qu'elle soit -nous semble tout aussi préjudiciable que sa non reconnaissance. En reprenant l'exemple de Christophe Colomb, si ce dernier ne veut pas être catalan (cf. son paragraphe écrit en Latin), pourquoi vouloir lui imposer cette nationalité ? Cette tentative de récupération de la nationalité du navigateur nous semble ridicule. Et si nous ne sommes pas historien, si des éléments factuels manquent à ces quelques propos, nous regrettons profondément que le discours actuel - médiatique en l'occurrence - n'est pas évoqué une seule fois l'idée d'un Christophe Colomb européen, découvreur des Amériques. Ah Mozart, si tu savais... |