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· Compte rendu de la conférence du 13 avril 2006 par Danielle Korn
Dans un premier temps, ont été présentés les "Classiques Roussillonnais " par l'éditeur Monsieur Tisnès. Il s'agit d'une collection des Publications de l'Olivier dont l'objectif est de proposer des ouvrages bilingues consacrés à des auteurs injustement méconnus, qui ont écrit , soit en Catalan, soit en Français, ou dans les deux langues et dont les uvres sont pratiquement introuvables. On trouve pour le moment Joseph-Sébastien Pons, Pierre Talrich, André Vinas, Pau Berga, et enfin Albert Bausil dont l'auteur est Monsieur Pere Verdaguer. Pere Verdaguer, avec un talent indéniable de conteur, a fait revivre Albert Bausil -né à Castres en 1881-mort à Perpignan en 1943 -,qui a été un des grands écrivains en langue française du Roussillon, chef de file des écrivains roussillonnais qui écrivaient en Français, à une époque où le bilinguisme était naturel, les deux langues coexistant naturellement sans aucune exclusive. Monsieur
Verdaguer, par des anecdotes et des extraits d'uvres -en particulier
"Pel Mouchi"-, a dépeint toute la complexité
de ce personnage, remarquablement favorisé par la nature, naturellement
enclin à user d'une plume alerte pour décrire de manière
percutante le "Perpignan" qui l'entourait : un "touche-à-tout",
qui était non seulement un homme de qualités, mais également
un farouche défenseur de sa propre liberté de pensée
.. Il a été romancier, poète, auteur de revues
où il laissait libre cours à sa fantaisie , journaliste
- d'abord directeur du journal" le cri catalan", puis "
Le coq catalan". En outre, Albert Bausil fut aussi l'un des grands
animateurs culturels de la région , c'est une figure Morceaux choisis : " Mais avec la défaite de 1940 et l'avènement du régime de Vichy, Bausil fut dénoncé aux autorités à cause de l'Ode à Jaurès, comme socialiste et comme démocrate. " Page 35. " A l'heure où nos fils se sont élancés ; dans les batailles de la délivrance ; il n'est plus qu'un cri pour tous les français : ; le cri catalan, c'est vive la France ! " Page 81. " A l'occasion du voyage à Barcelone où Joffre a été invité à présider les Jeux Floraux, Bausil croit devoir préciser sa position dans l'article "Pourquoi nous allons à Barcelone". Il dit "Nous n'aimerions pas voir notre venue dans la capitale de la Catalogne exploitée au bénéfice de revendications politiques qui ne nous regardent pas Nous y allons pour affirmer notre fraternité d'âme, de race, de traditions, d'art et de langage Les catalans de Barcelone ,ceux du moins qui se disent séparatistes, ont des raisons profonds de haïr le gouvernement espagnol Mais ce n'est pas cette nation que nous allons visiter vendredi. C'est la capitale de la province qui a donné 30 000 volontaires à la France, qui a scellé sa fraternité dans le sang de quinze mille martyrs catalans tombés dans les tranchées françaises!... Nous sommes catalanistes d'esprit, de sentiment, de langue, de traditions mais nous sommes français d'abord " Page 88.
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