"Le
combat républicain" par le Député Emile Zuccarelli
L'Association
de Défense pour les Pyrénées-Orientales dans la
République (Adpor), est heureuse, fière et très
honorée d'avoir conclu son premier semestre d'existence en recevant
Monsieur le ministre Emile Zuccarelli. Le député-maire
de Bastia est venu d'une part évoquer son expérience personnelle
en donnant sa vision de la République, et, d'autre part, réitérer
son soutien indéfectible à l'ADPOR. Hasard du calendrier,
cette visite a eu lieu quelques jours à peine après celle
de l'indépendantiste corse, Max Simeoni, invité par le
Bloc Catala.
Devant une assemblée fournie et diverse, composée d'une
centaine de personnes, dont quelques élus, la conférence
a été un franc succès. Monsieur Zuccarelli a, dans
un brillant exposé, fait preuve d'une grande pédagogie,
en expliquant son combat qu'il mène depuis plus de 30 ans pour
maintenir la République et, au delà, l'Etat de Droit en
Corse, mais aussi dans toute la France.
La République est " un enjeu actuel, moderne ", elle
représente un Etat unitaire et indivisible. La solidarité
républicaine doit être absolue et aucune section ne doit
s'en attribuer une partie.
Malheureusement, cette conception est remise en cause progressivement
en Corse par des manuvres souvent sournoises.
Après avoir précisé que les Pyrénées-Orientales
n'étaient pas la Corse, il a indiqué que la vigilance
devait être de mise par rapport à la montée des
autonomistes (heureusement pacifiques et respectueux du droit commun)
dans le département.
" Je me sens autant chez moi en Bretagne, dans les Pyrénées
Orientales (dont il a prouvé sa grande connaissance et son amour
pour la culture locale), qu'en Corse ". En bref, l'ancien ministre
a prôné une vision qu'il qualifie d'humaniste du sentiment
d'appartenance à une nation, la nation française, en précisant
que celle-ci ne constitue pas un obstacle particulier à un amour
plus singulier que l'on peut ressentir pour une région particulière.
D'ailleurs, il n'y a pas d'identité culturelle plus forte que
les autres. Certes, les spécificités régionales
des régions limitrophes existent, doivent être maintenues
et promues, mais il ne faut pas nier celles des autres régions.
Il y a des spécificités culturelles partout en France
qui, réunies, font aussi partie de la culture française.
Au delà, monsieur Zuccarelli a expliqué qu'une nation
n'avait pas vocation à se diviser mais à s'étendre,
souhaitant qu'un jour une vraie nation européenne voie le jour.
L'Europe a un rôle primordial à jouer dans les relations
Nord / Sud. Cependant, les revendications régionales représentent
une fragmentation néfaste à une telle réalisation.
Il s'agit d'une arme contre la puissance de l'Europe. De plus, une telle
situation aura pour conséquences d'empêcher la mise en
place d'une solidarité européenne et donc de nier l'Europe
sociale, déjà absente du Traité Constitutionnel
Européen.
S'agissant de la décentralisation, il a fait part de sa vision
sur ce sujet qu'il maîtrise parfaitement en tant qu'élu
local et ancien ministre de la décentralisation. Cette dernière
est bien sûr nécessaire et utile à la France tant
qu'elle transfère des compétences et non de la souveraineté.
Ainsi, si l'acte I de la décentralisation (les lois Deferre)
ont été une très bonne chose, l'élu s'est
montré beaucoup plus réservé sur l'acte II (la
réforme Raffarin) sur certains points, notamment l'inscription
d'adjectif dans la Constitution, et l'inscription dans cette dernière
d'un droit à l'expérimentation, à propos duquel
il faut rester vigilant. Le risque est de voir s'opérer un retour
à une certaine féodalité, et surtout aux égoïsmes
locaux et la fin de la solidarité. D'ailleurs, une seule région
en France est capable par sa puissance de gérer de vrais pouvoirs,
à savoir l'île de France.
Sur le problème des langues régionales, il a expliqué
que si il était tout à fait louable de parler dans le
privé plusieurs langues (il parle lui même parfaitement
Corse), il fallait se méfier de la rupture d'égalité
qui pourrait s'opérer si on instaurait le bilinguisme. Il est
nécessaire que l'on se sente partout chez soi en France. De plus,
si on ne recrutait plus que des enseignants bilingues dans les régions,
on fermerait toute possibilité de mouvement des fonctionnaires,
entraînant ainsi l'isolement ainsi qu'une une " consanguinité
intellectuelle ".
Il faut faire attention dans le domaine de l'éducation aux différenciations
de cursus qui accentueraient les inégalités.
Enfin, rappelant son amour du service public français, il a indiqué
que seul l'Etat français pouvait assurer l'égalité
des chances, la sécurité et la justice pour tous, face
aux égoïsmes régionaux qui pourraient prendre le
dessus.
Au
final, monsieur Emile Zuccarelli a fait un brillant plaidoyer pour l'humanisme
et contre les égoïsmes qui ne peuvent que se développer
dans les fragmentations régionales.
