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Chantier du T.G.V. La situation ubuesque des salariés La
première conférence thématique de l'Adpor s'est
tenue le 30 mars 2006 en présence d'une trentaine de personnes.
Le thème était "Tunnel du Perthus : une montagne
entre droit du travail catalan-espagnol et français". Monsieur
Labelle a présenté l'affaire du tunnel du Perthus. Le
percement de ce tunnel, long de 8 kilomètres, par une société
franco espagnole pour la ligne de TGV entre Perpignan et Figueres pose
le problème du droit du travail applicable. En effet, la société
considère que le percement ayant débuté en Espagne,
c'est son droit du travail qui s'applique. Ce qui n'a pas manqué
d'alarmer le syndicat de la Confédération Générale
du Travail quant à la sécurité, le rythme de travail
(47 heures de travail en Espagne contre 35 en France), le salaire (599
euros minimum en Espagne contre 1197 en France), et la salubrité.
Monsieur Labelle a rappelé une statistique de la Cram : 1 mort
par kilomètre chez les tunneliers avec les conditions de travail
plus "douces" françaises, donc dans le cas d'espèce
Comment dénoncer ceci quand l'inspection française ne peut pénétrer sur le chantier. La possibilité de mettre en place la procédure dite du "délit d'entrave" a été évoquée par les intervenants : l'obligation de laisser les inspecteurs contrôler les conditions de travail sur le territoire français. Mais on ne dénombre que deux inspecteurs dans les Pyrénées-Orientales, et toujours ce manque de volonté de la part de la France de faire respecter l'application de son droit du travail. Les difficultés ne s'arrêteront pas avec la fin du creusement du tunnel. La concurrence risque d'être féroce ensuite avec les sous-traitants : en Catalogne on peut avoir jusqu'à sept niveaux de sous-traitance quand on en dénombre 3 maximum en France, ce qui multiplie évidemment les occasions de détournement de "droit du travail". Le chantier fait déjà appel à des ouvriers du monde entier (les consignes sont rédigées en 6 langues). On peut craindre que dans l'obscurité de ce chantier, la directive Blokestein et sa fameuse clause du pays d'origine, qui a théoriquement été supprimée, soit ici dans les faits appliquée. Au nom de certains intérêts économiques, le droit du travail français est bafoué. Comme l'Adpor le dénonce fréquemment, ce n'est pas à l'avantage de la majorité de la population que l'on se rattache au modèle économique et social de la Catalogne. C'est un leurre de croire que le sud représente un "eldorado" pour les travailleurs français.
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