Emile Zuccarelli avocat de la République

L'Association de Défense pour les Pyrénées-Orientales dans la République (Adpor) a reçu le député-maire de Bastia.

Le député-maire de Bastia, Emile Zuccarelli, est venu à Perpignan évoquer son expérience personnelle en donnant sa vision de la République, et, d'autre part, réitérer "son soutien indéfectible à l'ADPOR", l'association de défense pour les Pyrénées-Orientales dans la République. Hasard du calendrier, cette visite a eu lieu "quelques jours à peine après celle de l'indépendantiste corse, Max Simeoni, invité par le Bloc Catala" ont relevé malicieusement les responsables de l'Adpor, Olivier Amiel et Emeric Lozdowski.
Emile Zuccarelli a expliqué le combat qu'il mène depuis plus de 30 ans pour maintenir la République et, au delà, l'Etat de Droit en Corse, mais aussi dans toute la France.
La République est "un enjeu actuel, moderne ", elle représente un Etat unitaire et indivisible. La solidarité républicaine doit être absolue et aucune section ne doit s'en attribuer une partie. Malheureusement, cette conception est remise en cause progressivement en Corse par des manœuvres souvent sournoises" a observé le député-maire de Bastia, principal artisan de la victoire du "non" au référendum sur le statut d'autonomie de la Corse en 2003. Après avoir précisé que "les Pyrénées-Orientales n'étaient pas la Corse", Emile Zuccarelli a indiqué que la vigilance devait être de mise "face à la montée des autonomistes" et qu'il se sentait "autant chez moi en Bretagne, dans les Pyrénées-Orientales, qu'en Corse".
L'ancien ministre a prôné une vision qu'il qualifie d'humaniste du sentiment d'appartenance la nation française. Au delà, monsieur Zuccarelli a expliqué "qu'une nation n'avait pas vocation à se diviser mais à s'étendre, souhaitant qu'un jour une vraie nation européenne voie le jour. L'Europe a un rôle primordial à jouer dans les relations Nord / Sud. Cependant, les revendications régionales représentent une fragmentation néfaste à une telle réalisation. Il s'agit d'une arme contre la puissance de l'Europe. De plus, une telle situation aura pour conséquences d'empêcher la mise en place d'une solidarité européenne et donc de nier l'Europe sociale, déjà absente du Traité Constitutionnel Européen".
S'agissant de la décentralisation, il a fait part de sa vision : "Cette dernière est bien sûr nécessaire et utile à la France tant qu'elle transfère des compétences et non de la souveraineté". Ainsi, si l'acte I de la décentralisation (les lois Deferre) "a constitué une très bonne chose", l'élu s'est montré beaucoup plus réservé sur l'acte II (la réforme Raffarin) sur certains points, notamment l'inscription d'adjectif dans la Constitution, et l'inscription dans cette dernière d'un droit à l'expérimentation. "Le risque est de voir s'opérer un retour à une certaine féodalité, et surtout aux égoïsmes locaux et la fin de la solidarité. D'ailleurs, une seule région en France est capable par sa puissance de gérer de vrais pouvoirs, à savoir l'île de France".
Au sujet des langues régionales, il a expliqué que si il était tout à fait louable de parler dans le privé plusieurs langues, "il fallait se méfier de la rupture d'égalité" qui pourrait s'opérer si on instaurait le bilinguisme.
Enfin, rappelant son amour du service public français, il a indiqué que seul l'Etat français pouvait assurer l'égalité des chances, la sécurité et la justice pour tous, "face aux égoïsmes régionaux qui pourraient prendre le dessus".


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