Echange dans L'Indépendant concernant l'utilisation de la langue française…

 

"Un hommage qui dérape" in L'Indépendant du 27 septembre 2006, p.3.

La mémoire de Louis Lliboutry grand homme de la vie municipale (5 fois élu) sous l'ère Paul Alduy, a été saluée lundi soir en conseil municipal, après avoir quitté les siens il y a quelques semaines. Un bel hommage lui fut rendu dans la maison de la République. Dommage que les quelques mots lus en conseil municipal furent prononcés en catalan et uniquement en catalan. Du jamais vu…

"Gràcies als elegits per parlar català" par Andreu Serra in L'Indépendant du 4 octobre 2006, p.2.

Comme de nombreux lecteurs de votre journal, j'ai été indigné par le titre et la teneur d'un entrefilet dans votre édition du mercredi 27 septembre, intitulé "un hommage qui dérape". Pour le "journaliste" auteur de cet article, le dérapage a été constitué par le fait que l'hommage rendu par le conseil municipal de Perpignan à M. Lliboutry, récemment décédé, a été fait dans notre langue, le catalan qu'a si bien défendu le défunt. Or, le dérapage est bien le fait de votre journaliste qui s'est permis de stigmatiser le droit (et à mon sens le devoir) qu'ont nos élus et nous-mêmes de nous exprimer dans notre propre langue. Peut-être faut-il mettre ce dérapage sur le compte de l'ignorance crasse de votre journaliste. Dans cette hypothèse, il serait souhaitable que la direction de ce journal, qui se veut le reflet de notre pays, s'attache à éviter que certains plumitifs de ce quotidien attaquent les Catalans, leur langue et ceux qui ont consacré leur vie à la défense de notre culture. A cet égard, il serait utile que L'Indépendant fasse œuvre pédagogique à l'adresse de certains de ses journalistes et des "nouveaux catalans" en proposant une Histoire de notre pays et de sa langue. La diffusion de notre Histoire me semble au moins aussi voire plus utile pour la compréhension de notre pays que l'"Histoire de France" que vous diffusez actuellement, d'autant plus que la première livraison concerne une période où nous n'étions pas rattachés à la France. Face à cette recrudescence d'animosité à notre égard qui semble concertée (création d'une association animée par deux professeurs de droit visant à combattre le développement de notre identité) : Catalans, és hora d'estar alerta !

"Le devoir de parler français", Olivier Amiel répond à M. Serra in L'Indépendant du 6 octobre 2006, p.2.

Dans un courrier du 4 octobre adressé à l'Indépendant, vous êtes indigné par l'article "un hommage qui dérape" et faites référence à l'association créée par Monsieur Lozdowski et moi-même (Association de Défense pour les Pyrénées-Orientales dans la République). Tout d'abord, nous ne sommes que "doctorants" en droit et non professeurs, mais si vous le désirez, je vais vous répondre en "juriste".
Premièrement, parler du "dérapage" du journaliste et de son "ignorance crasse", est une atteinte à la liberté de la Presse reconnue en France par l'article 11 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789, ainsi que par la loi du 29 juillet 1881.
Deuxièmement, vous êtes indigné que l'on parle de "dérapage" concernant l'hommage "en catalan" à Louis Lliboutry par le conseil municipal de Perpignan, et vous conseillez des cours d'histoire et de langue catalanes pour les journalistes et les "nouveaux catalans". Je vous rappelle que l'article 2 de la Constitution stipule que "la langue de la République est le français". A ce titre, le Conseil Constitutionnel autorisait en 1991 l'enseignement de la langue Corse, dans la mesure où il était facultatif. De même, l'hommage du Conseil municipal de Perpignan en catalan est acceptable, mais pas "uniquement en catalan", comme le souligne fort justement le journaliste. Il ne s'agit pas d'un combat contre nos identités régionales, mais un combat pour l'égalité des citoyens français. Un "nouveau catalan" ne parlant pas la langue catalane doit pouvoir écouter un séance du conseil municipal dans la langue nationale, le français. Les nouveaux arrivants français ne doivent pas se sentir étrangers dans leur propre pays.

 



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