Naissance d'une association pour dénoncer "la déviance séparatiste catalaniste"

Deux étudiants doctorants en Droit à Perpignan, Olivier Amiel et Emeric Lozdowski, ont décidé de faire leur la devise d'Albert Bausil : "Nous sommes fiers d'être Catalans avant tout et d'être Français au-dessus de tout". Ils ont créé l'Association de Défense pour les Pyrénées-Orientales dans la République - l'ADPOR / Tél. 06 80 76 72 05 - pour, tout simplement, remettre les pendules à l'heure. Et, pour en arriver là, les arguments ne manquent pas.
Morceaux choisis : "Parce que nous sommes pour la sauvegarde, l'épanouissement et le respect des cultures et traditions spécifiques au département des Pyrénées-Orientales, assimilé à une "Catalogne nord-pyrénéenne" ouverte sur l'extérieur, ancrée et défendue dans la République française. Parce que nous pensons que seule la France est en mesure de préserver efficacement les caractéristiques culturelles catalanes. Parce que nous refusons la perte de ces singularités dans un englobement avec celles de la Catalogne espagnole. Parce que historiquement parlant, dans notre département, nous avons été majoritairement français : près de 800 ans contre 246 ans en tant que Catalans aragonais. Parce que nous sommes fidèles au principe d'une France unie, principe affirmé dès le XIIIe siècle, et repris par la devise révolutionnaire affirmant une "République une et indivisible". Parce que nous craignons une dérive politique du catalanisme qui souhaite un rattachement institutionnel avec une région espagnole séparatiste, aux desseins égoïstement économiques. Parce que nous constatons qu'aujourd'hui, seules les thèses autonomistes sont présentes sur la place publique, alors qu'elles ne représentent qu'une minorité de personnes…".
Jeudi en début d'après-midi, dans les salons de l'Hôtel Wilson-Kyriad, situé sur le boulevard Wilson à Perpignan, Olivier Amiel et Emeric Lozdowski ont tenu la première conférence de presse de leur toute jeune association. Dans la foulée, ils ont rencontré une vingtaine de personnes qu'ils avaient conviées et qui constituent les premiers adhérents de l'ADPOR. D'entrée, et tandis que des Nationalistes-Catalanistes ne cessent depuis une dizaine de jours d'exercer diverses pressions et de lamentables chantages sur leur mouvement, qui visiblement dérange ceux qui sont habitués à se partager le gâteau catalaniste, les responsables de l'ADPOR se sont expliqués sur leur ancrage politique, et ce afin de dissiper tout malentendu : "Notre position d'association citoyenne impose que nous soyons sans étendard politique. Nous refusons le clivage droite / gauche pour de telles questions. Notre seul tabou, ce sera le refus sans concession de toute déviance d'extrême-droite. C'est pourquoi on ne se bat pas au quotidien contre l'influence du nationalisme français d'extrême-droite, pour se "taper" celui des Catalans du sud qui tentent de savoir si Christophe Colomb était Catalan par le biais du critère national du sang !…".
La naissance de l'ADPOR devrait faire réfléchir certains élus locaux roussillonnais qui, depuis le début des années quatre-vingt-dix, par pur calcul électoral, par clientélisme uniquement, jettent de l'huile sur le feu au risque d'allumer certaines mèches identitaires dont on sait où elles mènent… Enfin, lorsqu'on interpelle Olivier Amiel et Emeric Lozdowski sur le choix de leur devise, ils répondent : "Nous avons parlé d'un "cri" que nous poussions avec l'ADPOR, d'un "cri" notamment catalan. Cela fait évidemment référence au journal lancé par Albert Bausil, le 6 février 1909 (presque l'anniversaire), qu'il quitta pour s'exprimer de manière plus indépendante et moins politique (au sens partisan), dans le "coq catalan". Albert Bausil qui nous a donné notre citation "officielle". Et que l'on commence à nous reprocher, accusant ce poète, à l'esprit plaisantin, limite potache parfois, d'être un "collabo", et donc par ricochet de faire de nous des nostalgiques vichystes…Ridicule, c'est grotesque !"

Luc Malepeyre



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